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Copland, le Mac OS abandonné par Apple, renaît dans un navigateur web

Copland, le Mac OS abandonné par Apple, renaît dans un navigateur web

Il n’a jamais été commercialisé, et pourtant il a pesé lourd dans l’histoire d’Apple. Copland, le système d’exploitation qui devait moderniser le Mac au milieu des années 1990, peut désormais être démarré directement dans un navigateur web, sans rien installer. Une curiosité d’archéologie informatique qui arrive trente ans après l’abandon du projet.

Un émulateur retouché avec l’aide de l’IA

On doit cette résurrection au développeur Michael Steil, connu sous le pseudonyme Mist. Il a créé une variante expérimentale de DingusPPC, un émulateur de Power Mac, capable de lancer la version D11E4 de Copland. Datée de juin 1996, c’est la dernière préversion qu’Apple avait remise aux développeurs. Seules trois préversions sont connues publiquement (D7E1, D9 et D11E4), et rares sont ceux qui, à l’époque, avaient pu les essayer en dehors du cercle des développeurs.

Les onze correctifs nécessaires ont été écrits avec l’assistance d’une IA, selon Michael Steil. Un détail qui a son importance : le projet DingusPPC d’origine refuse ce type de contributions, si bien que ces modifications devraient être réécrites pour y être intégrées. L’expérience reste d’ailleurs rugueuse : le système est inachevé, et lorsqu’il bute sur une erreur interne, il bascule dans un débogueur et attend que l’utilisateur relance manuellement l’exécution.

L’échec qui a ramené Steve Jobs

Copland devait succéder à System 7 avec un noyau moderne, une mémoire protégée et le multitâche préemptif pour les services système, sur les processeurs PowerPC. Présenté par le patron d’Apple Gil Amelio lors de la conférence des développeurs de 1995, le projet n’a jamais atteint une stabilité suffisante. Une grande partie n’existait d’ailleurs que sous forme de plans et de documentation.

Face aux retards, Ellen Hancock, recrutée chez IBM comme directrice technique, a finalement recommandé d’arrêter les frais et d’acheter un système ailleurs. Apple a étudié BeOS ou une piste avec Sun autour de Solaris, avant de racheter NeXT fin 1996. L’opération a ramené Steve Jobs dans l’entreprise, avec NeXTSTEP dans ses bagages. Ce socle a donné Rhapsody, puis Mac OS X en 2001, dont descendent aujourd’hui les systèmes de l’iPhone et de l’iPad.

Tout n’a pas été perdu pour autant. Mac OS 8, sorti en 1997, a récupéré l’interface Platinum de Copland et un Finder multitâche natif PowerPC, tandis que d’autres briques ont été recyclées dans Mac OS 8 et 9. Pour les curieux et les nostalgiques, cet émulateur offre donc une rare fenêtre sur un futur qu’Apple a choisi de ne pas vivre.

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Image : Auteur inconnu, Public domain, via Wikimedia Commons

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