Effet secondaire inattendu d’une décision politique américaine : le registre national slovène, qui gère les adresses web en .si, observe depuis septembre une explosion des enregistrements. En cause, selon toute vraisemblance, la volonté de Donald Trump de remplacer l’expression « intelligence artificielle » par « super intelligence », abrégée en SI… exactement comme l’extension internet de la Slovénie.
Des chiffres multipliés par plus de vingt
D’après Klara Herman, porte-parole de Register.si, environ 44 000 nouveaux noms de domaine en .si ont été réservés en septembre, contre moins de 2 000 en août. Une hausse de plus de 2 100 % qu’elle qualifie de « sans précédent » au regard des douze mois écoulés. La seule journée du 30 septembre a vu passer 11 000 enregistrements. La porte-parole reste toutefois prudente : rien ne permet d’attribuer la totalité de cette envolée aux déclarations du président américain.
Le calendrier plaide pourtant en ce sens. C’est lors de son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies, le 11 septembre, que Donald Trump a réclamé ce changement de vocabulaire, jugeant que le mot « artificiel » donnait l’impression de quelque chose de faux. Fin septembre, il a ensuite réuni plusieurs dirigeants de la tech et signé un décret demandant aux ministères et agences fédérales d’employer désormais les termes « SI » et « Super Intelligence » dans leurs courriers officiels, sites web et rapports, en lieu et place d’« IA ». Le document a d’ailleurs fait sourire en ligne : sous la signature présidentielle, « United States » comportait une faute d’orthographe.
Le pari des investisseurs en noms de domaine
L’explication la plus probable de cette ruée tient à une pratique bien connue : réserver à bas prix des adresses susceptibles de prendre de la valeur, dans l’espoir de les revendre plus cher. Si le terme « SI » s’impose dans le discours public américain, des adresses courtes et percutantes en .si pourraient intéresser des start-up ou des marques. Rien ne garantit toutefois que ce nouveau vocabulaire dépasse les couloirs de l’administration fédérale.
Pour la petite Slovénie, l’épisode est surtout l’occasion d’un coup de projecteur inattendu sur son extension nationale. Reste à savoir si cet engouement durera au-delà de l’effet d’annonce, ou si de nombreux domaines ne seront pas renouvelés dans un an.
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