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IA : le gouverneur de la Banque d’Angleterre veut tester avant de réguler

IA : le gouverneur de la Banque d'Angleterre veut tester avant de réguler

Faut-il commencer par encadrer l’intelligence artificielle par la loi, ou d’abord la mettre à l’épreuve ? Pour Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d’Angleterre, la réponse est claire : la régulation « n’est pas le bon point de départ ». Dans un texte publié sur Substack, une première pour lui, le patron de la banque centrale britannique plaide pour des campagnes de tests « rigoureuses », capables de débusquer les failles des modèles et de bâtir des garde-fous avant d’écrire des règles.

Andrew Bailey ne minimise pas le danger. Il juge les risques liés à l’IA « réels et de plus en plus importants », mais refuse toute idée de pause ou d’interdiction, estimant que les bénéfices attendus sont considérables. Ce qu’il réclame, c’est un mécanisme permettant d’intervenir et de fixer des limites au fonctionnement de ces systèmes.

Des échecs attendus, et même utiles

Le gouverneur cite le travail déjà engagé au Royaume-Uni, notamment par l’AI Security Institute, l’organisme public chargé d’évaluer les modèles les plus avancés. Ces tests devraient, selon lui, servir de socle à un futur corpus de normes, à condition d’aller plus vite. Il appelle aussi à une certaine humilité : des tests échoueront et des modèles se comporteront de façon inattendue, ce qui prouve à ses yeux leur nécessité plutôt que leur inutilité.

Son inquiétude principale porte sur l’IA dite « de frontière », les systèmes les plus puissants. Sans moyen efficace d’intervenir, ils risquent, écrit-il, de former une boucle fermée dans laquelle le modèle finit par se gouverner lui-même. Andrew Bailey n’écarte pas pour autant une réglementation à terme : un cadre plus formel pourrait émerger, mais après les tests, pas à leur place.

Un débat qui s’intensifie

Cette prise de position intervient alors que la question de la sécurité de l’IA agite le secteur. Plusieurs dirigeants de laboratoires, dont ceux d’OpenAI et d’Anthropic, ont appelé à ralentir et à coordonner l’évaluation des risques à l’échelle internationale, et OpenAI a récemment renoncé à diffuser son dernier modèle pour des raisons de sûreté. À l’inverse, Donald Trump rejette tout ralentissement face à la Chine. Mardi, après une réunion avec les patrons d’OpenAI, Anthropic, Nvidia, SpaceX, Meta et Google, il a annoncé la signature d’un document « moralement contraignant » qui laisse aux entreprises la responsabilité de la sûreté de leurs propres technologies.

L’approche défendue à Londres tranche aussi avec celle de l’Union européenne, qui a choisi de légiférer d’abord avec son règlement sur l’IA, entré en vigueur en 2024, même si Bruxelles a depuis repoussé à fin 2027 les obligations visant les systèmes à haut risque.

À lire aussi : Le régulateur britannique met en garde contre une course aux armements pour suivre l’IA dans la finance · Trump prend conscience de l’importance des tests de sécurité de l’IA après Mythos

Image : U.S. Department of the Treasury, Public domain, via Wikimedia Commons

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