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Data centers : des Églises de l’Indiana réclament à Microsoft sa juste part

Data centers : des Églises de l'Indiana réclament à Microsoft sa juste part

À Granger, dans le comté de St. Joseph (Indiana), Microsoft construit un data center d’environ un milliard de dollars sur un terrain de quelque 364 hectares. Face à ce projet, une coalition locale d’environ 25 paroisses et associations, baptisée We Make Indiana, demande au géant américain de reverser chaque année une petite fraction de ses coûts d’exploitation à la collectivité. Depuis l’envoi de sa proposition en mai, l’entreprise n’a pas donné de réponse chiffrée.

Un « bon voisin » aux engagements flous

Depuis le début de l’année, Microsoft multiplie les promesses envers les territoires qui accueillent ses centres de données : impôts locaux, investissements dans les services « qui comptent pour la communauté », envoi de référents chargés d’écouter les habitants. Mais selon la coalition, l’un de ces référents a indiqué que l’enveloppe se limiterait à des dons ponctuels à des associations, pour un million de dollars au maximum. Bien trop peu, estime le groupe, au regard des avantages fiscaux dont bénéficie l’industrie.

Car ces avantages sont considérables. En Indiana, les équipements des data centers échappent à la taxe de vente de 7 %, une exonération qui peut durer jusqu’à 50 ans et porter sur 13,2 milliards de dollars d’achats prévus ; jusqu’à 900 millions de dollars de recettes publiques seraient ainsi perdus, selon une estimation du média local Indy Mirror. En Géorgie, un audit a conclu que l’État avait renoncé à 474 millions de dollars de taxes en un an, pour 41 millions de retombées fiscales.

1 % pour financer les services locaux

Le « Fair Share Agreement » imaginé par la coalition prévoit un fonds géré par un conseil indépendant, alimenté pendant toute la durée de vie du site, construction comprise. Le texte laisse à Microsoft le soin de proposer un pourcentage, mais le groupe calcule qu’une part de 1 % rapporterait déjà de 30 à 40 millions de dollars par an. Il réclame aussi des engagements sur l’eau, l’énergie, la qualité de l’air et les conditions de travail. En Pennsylvanie, une proposition de loi va beaucoup plus loin et imposerait aux promoteurs de reverser au moins 10 % du coût total de leurs projets.

« C’est un peu comme demander à Microsoft de nous aider alors que l’État nous a abandonnés », résume Ryan Juskus, l’un des responsables du collectif. De son côté, l’entreprise assure que la proposition nourrit sa phase d’écoute, mais qu’aucune décision d’investissement n’est prise à ce stade. Elle a déjà financé quelques associations éducatives et un établissement d’enseignement supérieur local, sans en préciser les montants.

Ce bras de fer pose une question valable partout où poussent les data centers de l’IA : que reçoivent vraiment les territoires en échange des exonérations consenties ?

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Image : Tedder, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

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