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La Royal Air Force se dote d’un escadron chargé de défendre les satellites britanniques

La Royal Air Force se dote d'un escadron chargé de défendre les satellites britanniques

Le Royaume-Uni passe à la vitesse supérieure dans l’espace militaire. La Royal Air Force vient de créer le No. III Space Effects Squadron, une unité dont la mission est de protéger les satellites dont dépendent les communications et la navigation du pays, et, le cas échéant, de contrer les engins jugés hostiles. L’annonce a été faite par le chef d’état-major de l’armée de l’air, l’Air Chief Marshal Sir Harvey Smyth, lors de la toute première UK Space Power Conference organisée à Londres. Selon lui, l’escadron devra préserver les avantages que l’espace procure aux forces armées britanniques, tout en étant capable d’en priver les adversaires.

Cette création intervient quelques semaines après la transformation du quartier général de la RAF, à High Wycombe, en « Air and Space Command ». Jusqu’ici, deux unités spatiales existaient : le No. I Space Operations Squadron et le No. II Space Warning Squadron, chargés de surveiller l’orbite et d’alerter en cas de menace. Le nouvel escadron franchit un cap : il ne se contentera plus d’observer, il pourra agir.

Brouiller plutôt que détruire

Reste à savoir comment. Le Royaume-Uni dispose de moyens de lancement limités et ne possède pas, à notre connaissance, de missile antisatellite. Le ministère de la Défense évoque des « technologies avancées », dont la guerre électronique, pour perturber, dégrader ou empêcher des actions hostiles. Londres a d’ailleurs officiellement renoncé aux essais antisatellites destructifs et privilégie le cadre du comité de l’ONU sur l’utilisation pacifique de l’espace. Tout indique donc un recours au brouillage depuis le sol. Le ministère refuse d’en dire davantage, ces capacités étant classifiées, mais précise que l’unité mènera des opérations défensives comme offensives et montera en puissance à mesure que de nouveaux équipements seront livrés.

L’enjeu dépasse largement le champ militaire : renseignement, alerte antimissile, télécommunications et prévisions météo reposent sur les satellites. Les services de secours utilisent la navigation par satellite, et les gestionnaires de réseaux électriques s’appuient sur la très grande précision horaire de ces signaux pour synchroniser leurs installations.

Une orbite de plus en plus disputée

Quatre pays ont déjà testé des missiles antisatellites : les États-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde. En 2021, la Russie a pulvérisé l’un de ses propres satellites hors service, mettant en danger la Station spatiale internationale, qui a aussi dû manœuvrer la même année pour éviter des débris issus d’un ancien tir chinois. Malgré une résolution de l’ONU adoptée en 2022 contre ce type d’essais, Pékin étudierait d’autres options, comme les lasers ou les micro-ondes de forte puissance, et l’US Space Force affirme avoir observé des satellites chinois s’entraîner à des manœuvres de « combat aérien » en orbite.

La démarche britannique rappelle celle de la France, qui a créé son Commandement de l’espace en 2019 et s’est engagée fin 2022 à ne pas procéder à des essais de missiles antisatellites destructifs. De part et d’autre de la Manche, la doctrine converge : protéger ses satellites sans multiplier les débris.

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Image : United States Air Force (USAF) photographer., Public domain, via Wikimedia Commons

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