Google a présenté mercredi Gemini 4 Argon, un nouveau modèle d’intelligence artificielle que le groupe décrit comme le plus performant qu’il ait jamais conçu. Mais le grand public devra patienter : pour l’instant, seuls quelques partenaires spécialisés dans la sécurité informatique y ont accès, dans le cadre de Fairwind, le programme de cybersécurité de la maison mère Alphabet.
Un modèle pensé pour traquer les failles
Argon sait coder, rédiger et mener des recherches, comme les autres grands modèles du marché. Sa particularité tient ailleurs : il a été entraîné spécifiquement pour la cyberdéfense. Selon Google, il est capable de trouver des vulnérabilités critiques dans des logiciels, de les valider puis de proposer un correctif, le tout de manière autonome. Le groupe met aussi en avant ses talents d’analyse visuelle, qu’il s’agisse de décortiquer de longues vidéos ou des graphiques complexes.
En interne, les équipes de Google l’utiliseraient déjà au quotidien pour déboguer du code ou migrer des bases de code entières. L’entreprise affirme qu’Argon « change en profondeur » sa façon de travailler, grâce à sa capacité à raisonner longtemps sur des tâches complexes.
La course aux benchmarks continue
Ce lancement s’inscrit dans une compétition acharnée entre les grands laboratoires d’IA, qui enchaînent les annonces de modèles toujours plus puissants tout en alertant, dans le même temps, sur les risques d’une technologie qui pourrait leur échapper. Google assure qu’Argon devance nettement GPT-6 Astra d’OpenAI ainsi que les modèles Fable et Opus d’Anthropic sur plusieurs tests de référence. Il s’appuie notamment sur le classement de Vals, une jeune société spécialisée dans l’évaluation des modèles, où Argon occupe actuellement la première place. Des résultats mis en avant par l’entreprise elle-même, qu’il faudra confronter à des évaluations indépendantes une fois le modèle plus largement disponible.
Longtemps présenté comme en retard face à OpenAI, Google a repris des couleurs ces derniers mois. En août, le groupe a annoncé que son application Gemini dépassait le milliard d’utilisateurs mensuels, un cap également franchi par ChatGPT.
Le choix de réserver d’abord Argon à des acteurs de la sécurité n’est pas anodin. Un outil capable de découvrir seul des failles inconnues peut renforcer considérablement les défenses des entreprises, mais il pourrait tout aussi bien servir à des attaquants. En limitant l’accès à des partenaires triés sur le volet, Google tente de garder la main sur un modèle dont le potentiel offensif est évident. Aucun calendrier n’a été communiqué pour une ouverture plus large.
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