Le retrait d’ICEBlock et d’autres applications permettant de signaler la présence d’agents de l’ICE, la police de l’immigration américaine, continue de coûter cher à Apple en matière d’image. Le représentant démocrate du Maryland Jamie Raskin a adressé lundi un nouveau courrier au fabricant de l’iPhone, rapporte CNN. Il y affirme que l’entreprise n’a apporté aucune preuve que ces outils mettaient réellement des agents en danger, et l’accuse de collaborer avec l’administration Trump au détriment de ses propres clients.
Pour l’élu, Apple aide le gouvernement à porter atteinte au droit des Américains, protégé par le premier amendement de la Constitution, de filmer et de rendre compte des actions de leurs propres autorités. Le retrait semblait faire suite aux affirmations de l’exécutif selon lesquelles ces applications exposaient les forces de l’ordre.
Une fusillade à Dallas comme justification
Jamie Raskin réclamait des explications depuis plusieurs mois. En juillet, Apple lui a finalement indiqué avoir supprimé ces applications à la suite de l’attaque meurtrière d’un bureau de l’ICE à Dallas, au Texas. Le tireur, Joshua Jahn, avait ouvert le feu au hasard sur le bâtiment avant de retourner l’arme contre lui. Les deux victimes décédées étaient des personnes détenues, une « tragique ironie » soulignée à l’époque par la procureure fédérale du nord du Texas, Nancy Larson. Des notes laissées par l’assaillant indiquaient qu’il voulait terroriser les agents.
Le département de la Sécurité intérieure et le directeur du FBI, Kash Patel, y voient pourtant la preuve que les agents sont pris pour cible. Le ministère met régulièrement en avant un chiffre interne, daté d’octobre 2025, faisant état d’une hausse de 8 000 % des menaces de mort visant les agents de l’ICE, sans publier les données qui permettraient de le vérifier.
Aucun lien établi avec les applications
Kash Patel a également affirmé que le tireur avait cherché des applications de suivi des agents. Le parlementaire conteste ce raisonnement : selon lui, rien ne montre que l’assaillant s’en soit servi, et il n’avait de toute façon nul besoin d’un tel outil pour trouver l’adresse d’un bâtiment administratif fixe. D’après sa lettre, il l’aurait d’ailleurs localisé avec une application installée par défaut sur les appareils Apple.
L’affaire illustre le poids considérable de l’App Store : lorsqu’Apple retire une application de sa boutique, elle devient de fait inaccessible pour l’immense majorité des utilisateurs d’iPhone. Une décision de modération qui prend ici une dimension politique, et sur laquelle l’entreprise se voit sommée de rendre des comptes.
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