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HPE enverra un ordinateur d’IA sur la Lune avant la fin de l’année

HPE enverra un ordinateur d'IA sur la Lune avant la fin de l'année

Avant la fin de l’année, un ordinateur d’HPE devrait faire tourner de l’intelligence artificielle à la surface de la Lune. Le constructeur américain, déjà habitué des machines embarquées dans l’espace, enverra la quatrième génération de son Spaceborne Computer, baptisée SBC4, à bord du rover FLIP conçu par Astrolab.

Le rover voyagera avec l’atterrisseur Griffin-1 de Voyager Technologies, dans le cadre du programme CLPS de la NASA, qui confie à des entreprises privées le transport de charges utiles vers la Lune. L’atterrissage est prévu près du pôle Sud lunaire, et la mission doit durer environ un an. FLIP sert avant tout de banc d’essai pour des technologies appelées à voler sur de futures missions.

Une machine modeste, mais la plus puissante du lieu

Le contenu exact de SBC4 reste en partie secret. Selon HPE, le fabricant des composants préfère ne pas être nommé, car la mission comporte un risque élevé d’échec. On sait seulement que la machine embarque un processeur basse consommation, un processeur graphique et deux SSD Kioxia en miroir, pour un total d’un téraoctet. Son format est réduit, environ 13 cm sur 25 cm pour 2,5 cm d’épaisseur : le rover dispose d’une enveloppe d’énergie limitée, et ses radiateurs ne peuvent évacuer qu’une quantité de chaleur restreinte.

La NASA prévoit d’y exécuter des modèles de langage ajustés, notamment un système de recherche documentaire pour aider à interpréter les documents de bord, ainsi que des algorithmes d’apprentissage automatique appliqués aux données de caméras et de lidar. HPE y ajoutera des tests de calcul haute performance. Si tout fonctionne, l’entreprise pourrait signer la première soumission au classement Top500 depuis un autre corps céleste. Ces calculs pourraient aussi aider à réchauffer le rover pendant les nuits lunaires, qui durent environ quatorze jours terrestres.

Des composants du commerce, protégés par logiciel

Pour résister aux vibrations du lancement, aux écarts de température et aux rayonnements, HPE mise surtout sur la redondance logicielle plutôt que sur des composants spéciaux. Les SSD sont des modèles grand public, protégés par un miroir logiciel : si l’un tombe en panne, la machine démarre sur l’autre. Mark Fernandez, responsable scientifique du spatial chez HPE, affirme n’avoir constaté « zéro panne de SSD » depuis 2019 sur la Station spatiale internationale. Les anciennes défaillances venaient selon lui de condensateurs défectueux, pas des rayons cosmiques.

Le système surveille en continu ses propres paramètres : en cas de dérive, il ralentit, se met en veille ou s’éteint plutôt que de risquer d’être détruit. Cette autonomie compte aussi pour une autre raison : la communication avec la Lune ajoute environ 2,5 secondes de délai, bien moins que les 44 minutes d’aller-retour possibles avec Mars, mais assez pour justifier de traiter certaines données sur place.

Image : NASA / Harrison H. Schmitt, Public domain, via Wikimedia Commons

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