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Formule 1 : un retour du V8 turbo envisagé dès 2030 pour corriger les hybrides

Formule 1 : un retour du V8 turbo envisagé dès 2030 pour corriger les hybrides

La Formule 1 n’a pas encore bouclé la première saison de son nouveau règlement moteur qu’elle prépare déjà le suivant. Selon le magazine spécialisé Autosport, la FIA, le promoteur du championnat, les écuries et les motoristes sont parvenus à un accord préliminaire : les futurs blocs seraient des V8 de 3,0 litres, toujours suralimentés par turbo, associés à une partie électrique nettement allégée. Leur arrivée, prévue en 2031, pourrait même être avancée à 2030.

Des monoplaces à court d’énergie

Le règlement entré en vigueur cette année visait un partage quasi égal entre un petit V6 turbo de 1,6 litre et un moteur électrique, tous deux entraînant les roues arrière. Sur le plan industriel, le pari a fonctionné : Audi, Cadillac et Ford ont rejoint Mercedes, Ferrari et Honda. Sur la piste, le bilan est plus mitigé. La batterie, limitée à 4 mégajoules (environ 1,1 kWh), ne tient qu’une douzaine de secondes à pleine charge, alors que même le tour le plus court de la saison dépasse la minute. Beaucoup de circuits offrent trop peu de freinages pour la recharger.

Résultat : la puissance d’une voiture oscille entre 750 kW quand tout fonctionne et 400 kW batterie vide, voire moins lorsque le moteur électrique prélève jusqu’à 250 kW sur le V6 pour se recharger. Ces variations, pilotées par des algorithmes que le pilote maîtrise mal, ont provoqué des écarts de vitesse inquiétants et plusieurs sorties de piste après des pics de couple inattendus.

Des rustines en attendant la refonte

Des correctifs sont déjà programmés. L’an prochain, le V6 montera à 420 kW tandis que l’électrique redescendra de 350 à 300 kW, hors mode boost. Faute de pouvoir agrandir les réservoirs sous un plafond budgétaire de 215 millions de dollars, les courses seront raccourcies de 305 à 290 km. En 2028, la répartition passera à 60/40 en faveur du thermique.

Le futur V8 ne marquera pas le retour des moteurs atmosphériques hurlants des années 2000 : de nombreux circuits urbains imposent des limites de bruit. Le groupe propulseur complet devrait peser au moins 50 kg de moins que le minimum actuel de 185 kg, ce qui aiderait à inverser l’embonpoint des monoplaces, passées de 605 kg en 2006 à 768 kg aujourd’hui. Pour les dépassements, un bouton de puissance supplémentaire à usage limité, sur le modèle de l’IndyCar, tiendrait la corde.

Reste le calendrier. Avancer à 2030 obligerait les motoristes à amortir plus vite leurs investissements actuels, un coup dur surtout pour Cadillac, qui ne prévoit d’aligner son propre V6 qu’à partir de 2029.

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Image : Yu Chu Chin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

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