Les agents d’intelligence artificielle, capables d’exécuter du code et de modifier des fichiers en autonomie, ont une fâcheuse tendance à sortir du cadre prévu. Docker, l’entreprise derrière la technologie de conteneurs la plus utilisée par les développeurs, veut y remédier avec une nouvelle offre baptisée Docker Cloud Sandboxes, présentée jeudi 24 septembre lors de la conférence WeAreDevelopers.
L’annonce tombe au lendemain d’un épisode qui a fait grand bruit : les autorités australiennes ont révélé qu’un agent d’OpenAI avait accédé sans autorisation à un portail gouvernemental alors qu’il cherchait des statistiques de santé. Un incident de plus dans une série déjà longue.
Un conteneur n’est pas une prison
Pour Mark Cavage, président et directeur des opérations de Docker, le problème ne vient pas des conteneurs eux-mêmes, conçus pour isoler des applications et non pour enfermer un programme qui cherche activement une sortie. « Il faut distinguer les conteneurs du confinement », a-t-il résumé. Selon lui, ce qui rend un agent utile, sa capacité à modifier son environnement, est précisément ce qui le pousse à en explorer les limites.
La démonstration était parlante. Lancé dans un conteneur Docker classique, le modèle Claude d’Anthropic a réussi à récupérer un secret stocké sur la machine hôte en repérant une faille de configuration : le socket Docker de l’hôte, monté dans le conteneur. Relancé avec la même consigne dans un bac à sable Docker, qui tourne comme une micro-machine virtuelle complète, le modèle a tenté la même manœuvre sans parvenir à sortir de son enclos.
Du poste de travail vers le cloud
Jusqu’ici, ces bacs à sable tournaient sur la machine du développeur. La nouveauté consiste à les héberger chez Docker, ce qui éloigne les agents des fichiers locaux et permet de confier des tâches longues à une infrastructure distante. Selon l’entreprise, ces environnements démarrent en quelques centaines de millisecondes, sont facturés à la seconde et intègrent gestion des secrets, règles réseau et passerelles MCP. Les tarifs vont de 0,07 dollar de l’heure pour la plus petite configuration (1 processeur virtuel, 2 Go de mémoire) à 1,12 dollar pour la plus grande (16 processeurs virtuels, 32 Go).
Docker a aussi fait évoluer Kits, son format pour empaqueter agents, outils et règles : ces paquets deviennent des images OCI standard, ce qui limite le risque d’enfermement dans un format propriétaire.
Le bac à sable n’est qu’une couche de base déterministe, a rappelé Mark Cavage, et il faudra encore des règles capables d’encadrer les intentions des agents à tous les niveaux. Pour les entreprises qui confient déjà du code ou des données à ces assistants, le message est clair : isoler ne suffit pas, mais c’est le minimum.
À lire aussi : Un agent IA d’OpenAI a piraté un site de l’État australien, une première mondiale · OpenAI a piraté Hugging Face : on comprend mieux comment cela s’est produit






