C’est officiel : l’UE va forcer Google à partager ses données de recherche et à ouvrir l’IA sur Android
L’Union européenne a officiellement désigné les services de recherche et d’intelligence artificielle de Google comme des infrastructures essentielles qui doivent être partagées avec ses concurrents, marquant une avancée majeure dans les efforts réglementaires visant à freiner la domination de la Big Tech.
La Commission européenne a annoncé mercredi qu’elle classerait le moteur de recherche de Google, la boutique d’applications Android et le système d’exploitation mobile Android comme des services de plateforme essentiels en vertu de la loi sur les marchés numériques du bloc. Cette désignation obligera Google à partager ses données de recherche avec les entreprises rivales et à donner aux fabricants de téléphones et aux opérateurs mobiles plus de flexibilité dans la manière dont ils intègrent les services d’IA de Google dans les appareils Android.
Cette décision intervient dans un contexte de surveillance croissante du pouvoir de marché de Google et des inquiétudes concernant la manière dont les géants de la technologie utilisent leur contrôle des plateformes pour favoriser leurs propres services d’IA. La Commission a déclaré que la désignation garantirait que les développeurs et les entreprises concurrents puissent accéder aux données et aux systèmes nécessaires pour rivaliser équitablement.
En vertu des nouvelles règles, Google devra permettre aux moteurs de recherche rivaux d’accéder gratuitement à ses données de classement, de recherche, de clic et de vue, qui sont essentielles pour améliorer leurs propres algorithmes. L’entreprise devra également donner aux fabricants de téléphones Android et aux opérateurs mobiles plus de contrôle sur l’installation et la configuration des applications et services d’IA.
La Commission a déclaré que les obligations entreraient en vigueur dans six mois, ce qui donnera à Google le temps de se conformer. Le non-respect pourrait entraîner des amendes pouvant atteindre 10 pour cent du chiffre d’affaires mondial annuel de l’entreprise.
La décision représente une victoire pour les défenseurs de la concurrence qui ont fait pression pour un meilleur accès aux données et aux plateformes dominantes. Elle pourrait également créer un précédent pour d’autres régions envisageant des règles similaires pour les entreprises technologiques.
Google n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.
La loi sur les marchés numériques, qui est entrée en vigueur en 2022, vise à empêcher les grandes plateformes technologiques d’abuser de leur position dominante. Elle désigne certains services comme des gardiens qui doivent suivre des règles strictes pour garantir une concurrence équitable.
L’UE a déjà désigné plusieurs services d’autres géants de la technologie, notamment la boutique d’applications d’Apple, le réseau social Facebook de Meta et le service de messagerie WhatsApp, comme des services de plateforme essentiels.






