Révision des réglementations de pâturage sur les terres publiques visant à réduire la participation du public
Une révision proposée des réglementations fédérales régissant le pâturage du bétail sur les terres publiques pourrait considérablement limiter les opportunités pour le public de peser sur la gestion de millions d’hectares de terres appartenant aux contribuables.
Le Bureau of Land Management a publié un projet de règle le mois dernier qui réduirait les exigences en matière d’analyse environnementale pour de nombreuses décisions de pâturage et limiterait qui peut faire appel de ces décisions. L’agence affirme que les changements rationaliseront la gestion du pâturage et réduiront les litiges, mais les groupes de conservation avertissent que cela affaiblirait la surveillance publique des activités d’élevage sur environ 99 millions d’hectares de prairies, de déserts et de forêts.
Selon la règle proposée, le BLM éliminerait l’exigence d’analyser les impacts environnementaux de nombreuses activités de pâturage de routine, y compris les ajustements de la charge animale et des périodes de pâturage. Au lieu de cela, l’agence s’appuierait sur des analyses antérieures ou déterminerait que certaines actions entrent dans des exclusions catégoriques qui ne nécessitent pas d’examen environnemental.
La règle limiterait également qui peut faire appel des décisions de pâturage. Actuellement, toute personne intéressée peut faire appel des permis de pâturage et d’autres décisions. En vertu des nouveaux changements, seuls ceux qui ont participé au processus décisionnel initial auraient un droit de recours, une restriction que les critiques affirment pourrait exclure de nombreux citoyens préoccupés.
Les groupes de l’industrie de l’élevage ont salué les changements proposés. La Public Lands Council, qui représente les éleveurs qui font paître du bétail sur les terres fédérales, a déclaré que les réglementations actuelles créent des retards inutiles et permettent à des groupes extérieurs de perturber les opérations d’élevage par le biais d’appels et de litiges.
Mais les défenseurs de l’environnement affirment que les changements saperont la capacité du public à garantir que le pâturage du bétail ne nuit pas à la faune, aux cours d’eau et aux écosystèmes sur les terres publiques. Ils soulignent des décennies de documentation scientifique montrant que le surpâturage a dégradé de vastes zones de terres publiques occidentales.
Le pâturage du bétail sur les terres publiques est depuis longtemps controversé. Les éleveurs paient des frais bien inférieurs aux taux du marché privé pour faire paître leurs animaux sur les terres fédérales, une pratique que les critiques qualifient de subvention. Les défenseurs de l’élevage affirment que le pâturage aide à maintenir les espaces ouverts et soutient les économies rurales.
Le BLM acceptera les commentaires du public sur la règle proposée jusqu’au début mars. L’agence tiendra également des audiences publiques virtuelles pour recueillir des contributions. Toute règle finale pourrait faire l’objet de contestations judiciaires de la part de groupes environnementaux qui affirment qu’elle viole les lois sur la protection de l’environnement.
La proposition intervient alors que le BLM est également confronté à une pression croissante pour équilibrer les utilisations traditionnelles comme le pâturage avec d’autres priorités, notamment la conservation de la faune, les loisirs et le développement des énergies renouvelables sur les terres publiques.






