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Parmi les grandes nouvelles fusées sur lesquelles comptait Amazon, seule l’Europe a livré

Parmi les nouvelles grosses fusées sur lesquelles Amazon comptait, seule l’Europe a livré

Amazon avait de grandes ambitions pour son projet Kuiper, sa constellation de satellites en orbite basse destinée à fournir un accès Internet haut débit. Pour déployer ces milliers de satellites, l’entreprise avait passé des contrats avec plusieurs fournisseurs de lanceurs, dont certains développaient de tout nouveaux véhicules lourds.

Mais aujourd’hui, alors que le calendrier de déploiement avance, un constat s’impose : parmi les grandes nouvelles fusées sur lesquelles Amazon comptait, seule l’Europe a tenu ses promesses.

Le géant du commerce électronique avait signé des accords avec trois principaux fournisseurs pour le lancement de ses satellites Kuiper : Arianespace pour la fusée Ariane 6, United Launch Alliance pour Vulcan Centaur, et Blue Origin – l’entreprise spatiale de Jeff Bezos lui-même – pour New Glenn.

Ariane 6, développée par Arianespace en Europe, a effectué son vol inaugural en juillet 2024. Malgré quelques péripéties lors de ce premier vol, la fusée a démontré sa capacité à placer des charges utiles en orbite. Des vols commerciaux sont désormais en cours de planification.

En revanche, du côté américain, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Vulcan Centaur de United Launch Alliance a certes effectué son premier vol en janvier 2024, mais le véhicule rencontre des difficultés de certification et de cadence de production. Quant à New Glenn de Blue Origin, la fusée accuse un retard considérable sur son calendrier initial et n’a toujours pas volé.

Cette situation place Amazon dans une position délicate. L’entreprise doit respecter des échéances imposées par la FCC, la commission fédérale américaine des communications, qui exige le déploiement d’un certain nombre de satellites selon un calendrier précis sous peine de perdre des fréquences attribuées.

Pour pallier ces retards, Amazon a dû diversifier ses options de lancement, incluant même des contrats avec SpaceX, son concurrent direct dans le domaine de l’Internet par satellite avec Starlink.

L’ironie de la situation n’échappe à personne : Jeff Bezos, fondateur d’Amazon et propriétaire de Blue Origin, se retrouve dans une position où son entreprise de commerce électronique doit compter sur des concurrents parce que sa propre entreprise spatiale n’a pas pu respecter ses engagements.

Cette histoire illustre les défis énormes du développement de nouveaux lanceurs spatiaux. Même avec des ressources financières importantes, la mise au point de fusées réutilisables et puissantes reste un exercice extraordinairement complexe, soumis à des retards fréquents.

Pour l’instant, c’est donc l’Europe qui tire son épingle du jeu dans cette course, un succès bienvenu pour une industrie spatiale européenne qui a connu des moments difficiles ces dernières années.

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