Accueil / Santé / Les bactéries développent une résistance accrue aux antibiotiques pendant les périodes de sécheresse

Les bactéries développent une résistance accrue aux antibiotiques pendant les périodes de sécheresse

La résistance aux antibiotiques parmi les germes augmente pendant les sécheresses, selon une étude

Les taux de résistance aux antibiotiques augmentent considérablement pendant les sécheresses, selon de nouvelles recherches menées aux États-Unis.

L’étude, publiée dans la revue Science of the Total Environment, suggère que la pénurie d’eau pendant les périodes de sécheresse peut créer un terrain propice à la propagation de bactéries résistantes aux médicaments.

Les chercheurs ont analysé les données provenant de comtés américains entre 2013 et 2019 et ont découvert que pendant les sécheresses, les taux de résistance antimicrobienne augmentaient pour cinq pathogènes majeurs: E. coli, Klebsiella pneumoniae, Staphylococcus aureus, Streptococcus pneumoniae et Enterococcus faecium.

L’équipe a découvert que la résistance augmentait jusqu’à 4 % pour certaines bactéries lorsque les comtés connaissaient des conditions de sécheresse modérée à exceptionnelle.

Les scientifiques pensent que plusieurs facteurs peuvent expliquer cette relation. Pendant les sécheresses, l’eau devient rare, ce qui peut conduire à une concentration plus élevée de polluants, y compris les antibiotiques et les bactéries résistantes, dans les approvisionnements en eau restants.

Les pratiques agricoles peuvent également jouer un rôle. Les agriculteurs peuvent augmenter l’utilisation d’antibiotiques dans le bétail pendant les périodes de stress lié à la sécheresse, et le ruissellement provenant des opérations d’élevage devient plus concentré lorsque l’eau est rare.

Le changement climatique devrait augmenter la fréquence et la gravité des sécheresses dans de nombreuses régions du monde, ce qui rend ces résultats particulièrement préoccupants pour la santé publique.

La résistance aux antimicrobiens est déjà reconnue comme l’une des principales menaces sanitaires mondiales. Selon l’Organisation mondiale de la santé, elle est directement responsable de 1,27 million de décès dans le monde en 2019 et a contribué à 4,95 millions de décès.

Les chercheurs suggèrent que leurs conclusions devraient inciter à une surveillance accrue de la résistance aux antibiotiques pendant les sécheresses et à des investissements dans l’infrastructure de l’eau pour maintenir la qualité de l’eau pendant les périodes sèches.

L’étude souligne également l’importance d’une approche « Une seule santé » qui reconnaît les liens entre la santé humaine, animale et environnementale dans la lutte contre la résistance aux antibiotiques.

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *