Meta, YouTube doivent payer 3 millions de dollars à une femme devenue accro aux applications quand elle était enfant
Une femme française a remporté une victoire historique contre les géants de la technologie Meta et YouTube après qu’un tribunal ait statué qu’ils devaient lui payer 3 millions d’euros (environ 3,1 millions de dollars) de dommages et intérêts pour son addiction aux réseaux sociaux développée pendant son enfance.
Le tribunal de Nanterre a jugé que les plateformes avaient échoué à protéger la plaignante, identifiée uniquement comme Marie, qui a commencé à utiliser Instagram et YouTube à l’âge de 12 ans et a rapidement développé une dépendance sévère aux applications.
Selon des documents judiciaires, Marie passait jusqu’à 10 heures par jour sur les plateformes, ce qui a entraîné de graves problèmes de santé mentale, notamment de l’anxiété, de la dépression et des troubles de l’alimentation nécessitant une hospitalisation.
Le tribunal a conclu que Meta et YouTube n’avaient pas mis en place de mesures adéquates pour protéger les jeunes utilisateurs des fonctionnalités addictives de leurs plateformes, notamment les flux infinis, les notifications push et les systèmes de recommandation algorithmiques conçus pour maximiser l’engagement.
Cette décision marque la première fois qu’une juridiction européenne tient les entreprises de réseaux sociaux directement responsables de l’addiction d’un utilisateur mineur, établissant un précédent important qui pourrait ouvrir la voie à des poursuites similaires à travers le continent.
Les avocats de Marie ont fait valoir que les plateformes exploitaient délibérément les vulnérabilités psychologiques des enfants à des fins lucratives, une affirmation soutenue par des témoignages d’anciens employés et des documents internes de l’entreprise révélés lors du procès.
Meta et YouTube ont tous deux annoncé leur intention de faire appel de la décision, maintenant qu’ils offrent des outils de contrôle parental robustes et ont mis en place des protections pour les utilisateurs mineurs. Cependant, les défenseurs de la sécurité des enfants saluent le jugement comme une étape cruciale pour tenir les entreprises technologiques responsables de l’impact de leurs produits sur le bien-être des jeunes.
L’affaire intervient alors que les régulateurs du monde entier intensifient leur examen des pratiques des réseaux sociaux et de leurs effets sur la santé mentale des enfants, plusieurs pays envisageant une législation visant à restreindre l’utilisation des réseaux sociaux par les mineurs ou à imposer des exigences de conception plus strictes pour protéger les jeunes utilisateurs.






