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Chine : la croissance repart, portée par l’appétit mondial pour les puces d’IA

Chine : la croissance repart, portée par l'appétit mondial pour les puces d'IA

L’économie chinoise a repris de la vigueur au troisième trimestre. Selon les chiffres officiels publiés lundi, le produit intérieur brut a progressé de 4,5 % entre juillet et septembre, après un creux de trois ans au trimestre précédent. Ce rythme reste inférieur aux 5 % enregistrés au premier trimestre et se situe au bas de la fourchette visée par Pékin pour l’année, comprise entre 4,5 % et 5 %.

Les puces et les robots tirent les exportations

Le moteur de ce rebond est l’exportation. La demande mondiale en puces et en composants destinés aux centres de données consacrés à l’intelligence artificielle profite aux industriels chinois. Les ventes de biens de haute technologie ont bondi de 14,3 %, tandis que la production de batteries et celle de robots industriels ont chacune augmenté de plus de 29 %. Résultat : l’excédent commercial du pays est en passe de dépasser le record de 1 200 milliards de dollars établi l’an dernier.

Pour l’Institut national des statistiques, l’économie a « maintenu un développement stable malgré la pression ». Les analystes, eux, sont plus nuancés. Une chercheuse d’Oxford Economics, Sheana Yue, souligne que l’industrie manufacturière et les exportations de haute technologie compensent la faiblesse des investissements et de la consommation intérieure.

Un marché intérieur toujours en panne

Car la demande des ménages reste atone. L’investissement immobilier a reculé de plus de 20 % sur les neuf premiers mois de l’année par rapport à la même période de 2025, et rien n’indique pour l’instant que la crise du secteur touche à sa fin. Les salaires progressent peu, le chômage des jeunes demeure élevé et les consommateurs, inquiets des tensions commerciales et géopolitiques, préfèrent épargner.

En septembre, Pékin a annoncé un train de mesures : baisse des taux d’intérêt pour certaines entreprises et aides à l’achat de logements. Selon Dave Chia, économiste chez Moody’s Analytics, leurs effets ne sont pas encore visibles. Il met aussi en garde contre la dépendance du pays à un « moteur externe unique ».

Des risques de part et d’autre

La fragilité vient donc de deux côtés. À l’étranger, les États-Unis et l’Union européenne s’agacent de voir leurs industriels concurrencés par un afflux de produits chinois bon marché, ce qui nourrit les tensions commerciales. Et la croissance chinoise dépend désormais en partie de la poursuite des investissements massifs dans l’IA : si les entreprises qui dépensent ces milliards de dollars ne parviennent pas à générer les profits promis, la demande de composants pourrait se retourner. Pour les consommateurs et les industriels européens, l’enjeu est double : une Chine qui exporte davantage, mais dont la santé économique repose sur un secteur encore incertain.

Image : AlfvanBeem, CC0, via Wikimedia Commons

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