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Giorgia Meloni veut déposer sa voix comme marque face aux deepfakes

Giorgia Meloni veut déposer sa voix comme marque face aux deepfakes

Giorgia Meloni ne veut plus que l’on fasse parler sa voix à sa place. La présidente du Conseil italien a déposé lundi une demande d’enregistrement de sa voix comme marque auprès de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO). Son cabinet a confirmé la démarche, dont la trace est consultable publiquement sur le site de l’office.

Le dossier repose sur un très court extrait sonore : quatre secondes pendant lesquelles la dirigeante prononce deux fois « Io sono Giorgia » (« Je suis Giorgia »). La formule n’a rien d’anodin : c’est le titre de son autobiographie parue en 2021 et un slogan étroitement associé à ses campagnes. Le dépôt intervient alors que l’Italie se prépare à des élections générales prévues l’an prochain.

Une parade juridique face au clonage vocal

L’objectif affiché est de disposer d’un levier supplémentaire contre les usages non autorisés de sa voix par des outils d’intelligence artificielle. Le clonage vocal consiste à entraîner un modèle sur des enregistrements d’une personne réelle : quelques secondes suffisent pour obtenir une imitation sommaire, tandis qu’une copie vraiment convaincante demande généralement des heures d’audio. Pour une responsable politique qui s’exprime en public presque chaque jour, la matière première ne manque pas.

Meloni a déjà été directement visée. En 2024, elle a réclamé 100 000 euros de dommages et intérêts après la mise en ligne de vidéos pornographiques truquées la représentant. En mai dernier, elle avait à nouveau alerté sur le danger des deepfakes, alors que circulaient des images générées par IA la montrant en lingerie. « Je peux me défendre. Beaucoup d’autres ne le peuvent pas », avait-elle alors écrit sur les réseaux sociaux.

Une tendance chez les célébrités

La cheffe du gouvernement italien n’est pas la première à emprunter la voie du droit des marques. En janvier, l’acteur américain Matthew McConaughey a fait enregistrer son image et sa voix. En avril, Taylor Swift a déposé aux États-Unis trois demandes, dont une photo d’elle sur scène et deux extraits audio où elle se présente. Au Royaume-Uni, plus de 80 artistes, parmi lesquels Hugh Bonneville et Nicola Coughlan, ont demandé en août au Premier ministre Andy Burnham une loi garantissant à chacun la propriété de sa voix.

Reste à savoir si l’EUIPO acceptera la demande, et surtout si une marque, pensée pour protéger un usage commercial, suffira à freiner des contrefaçons diffusées anonymement. Le geste a en tout cas valeur de signal : en Europe, la protection de la voix face à l’IA devient un sujet politique de premier plan.

Image : The White House, Public domain, via Wikimedia Commons

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