WhatsApp va permettre aux parents d’encadrer le compte de leurs enfants adolescents. La messagerie de Meta déploie une série de réglages de contrôle parental, présentés comme optionnels, qui portent sur la confidentialité du profil, l’accès aux groupes et l’usage de certaines fonctions comme les Chaînes ou l’assistant Meta AI. En revanche, le contenu des conversations reste hors de portée des parents.
Ce que les parents pourront régler
Une fois le dispositif activé, un parent sera averti lorsque son enfant rejoint ou quitte un groupe. Il pourra aussi décider qui est autorisé à voir la photo de profil de l’adolescent et qui peut l’ajouter à une discussion de groupe. Les Chaînes, ces fils de diffusion qu’utilisent médias, organisations et personnalités publiques, pourront elles aussi être encadrées.
Côté intelligence artificielle, les familles auront le choix entre le réglage par défaut de Meta AI prévu pour les 13 ans et plus et une option plus restrictive baptisée « Limited Content ». L’ensemble est protégé par un code PIN défini par le parent : l’adolescent devra le saisir pour désactiver les contrôles. Les parents, eux, pourront modifier ou couper ces réglages à tout moment.
Point important, WhatsApp précise que les messages et les appels restent chiffrés de bout en bout. Les parents ne pourront donc ni lire ce que leur enfant écrit ou reçoit, ni écouter ses appels. L’entreprise dit vouloir favoriser le dialogue entre parents et adolescents sur l’usage de l’application, sans renoncer à la confidentialité des échanges.
Une réponse à la pression des régulateurs
Cette annonce intervient alors que les gouvernements multiplient les exigences envers les plateformes en matière de protection des mineurs. Au Royaume-Uni, l’âge minimum pour utiliser WhatsApp est de 13 ans, et le gouvernement a annoncé en juin vouloir interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans à partir de mars 2027, avec des contrôles d’âge renforcés. WhatsApp échappe pour l’instant à cette interdiction, car il est considéré comme un service de messagerie.
Le caractère facultatif du dispositif ne fait pas l’unanimité. L’analyste des réseaux sociaux Matt Navarra y voit une « faiblesse évidente » : selon lui, Meta transfère ainsi une partie de la responsabilité vers les familles, ce qui lui permet de moins dépendre de la vérification de l’âge, tout en montrant aux régulateurs qu’un système de protection existe sur ses plateformes. Reste à savoir combien de familles prendront réellement le temps de l’activer.






