Le solaire reste le moteur de la transition électrique américaine, mais son accélération s’essouffle. D’après les chiffres de l’Energy Information Administration (EIA), l’agence fédérale qui compile les statistiques du réseau, la production solaire a progressé de 39 térawattheures (TWh) sur les sept premiers mois de 2026, contre 48 TWh de hausse un an plus tôt sur la même période. La croissance reste solide, autour de 22 %, mais elle est nettement inférieure aux rythmes de plus de 30 % observés ces dernières années.
Une partie de ce ralentissement est mécanique : plus le parc installé est grand, plus un même volume supplémentaire pèse peu en pourcentage. Mais le contexte politique joue aussi. L’administration fédérale, ouvertement hostile aux renouvelables, a supprimé des incitations financières, ce qui pourrait freiner les nouveaux projets au moment même où le solaire reste la façon la moins chère de répondre à la demande.
Une consommation qui augmente sans exploser
Malgré l’essor des data centers, des voitures électriques et des pompes à chaleur, la consommation d’électricité sur le réseau n’a augmenté que de 2 % sur un an, contre 3 % l’année précédente. Gains d’efficacité et autoproduction de certains centres de données, absente des statistiques, expliquent ce calme relatif.
Le bilan reste favorable aux énergies bas carbone. L’éolien et le solaire couvrent désormais 21 % de la demande américaine, et leur seule progression (55 TWh) a dépassé la hausse de la consommation (51 TWh). Le solaire, porté aussi par les toitures (+12 %), a produit l’équivalent de 72 % de l’électricité issue du charbon, lequel a reculé d’un peu plus de 10 %. L’hydraulique gagne 9 %, l’éolien 6 %, le nucléaire et le gaz moins de 2 %. En comptant l’hydraulique et le nucléaire, 45 % de l’électricité du pays provient de sources sans émissions de carbone, contre environ 65 % dans l’Union européenne.
Ce qui arrive sur le réseau
Les prévisions de raccordement de l’EIA dessinent la suite. Deux grands parcs éoliens en mer vont être achevés sur la côte Est, dont un de 2,6 gigawatts au large de la Virginie ; faute de nouveaux projets, ils pourraient être les derniers avant les années 2030. Le solaire gagne des États plus au nord comme le Michigan et le Wisconsin, et les batteries de stockage sortent de leurs bastions californien et texan pour s’installer en Arizona, au Colorado ou en Géorgie. Quelques centrales à gaz sont attendues dans le Midwest et au Texas. Aucune nouvelle centrale nucléaire ni au charbon n’est prévue : la dernière mise en service d’une centrale à charbon aux États-Unis remonte à treize ans.
À lire aussi : Les énergies renouvelables américaines franchissent un cap majeur en avril · Le solaire dépasse l’hydroélectricité sur le réseau américain après une croissance de 35%
Image : NASA/Troy Cryder, Public domain, via Wikimedia Commons






