Parier sur l’issue d’un match des Giants ou sur le vainqueur du Super Bowl, est-ce investir sur un marché financier ou jouer au casino ? Pour l’État de New York, la réponse ne fait aucun doute. Ses autorités viennent de déposer plainte contre Polymarket, la plateforme de « marchés de prédiction », qu’elles accusent d’exploiter une activité de jeux d’argent sans licence.
Ce que New York reproche à la plateforme
La plainte, déposée devant un tribunal du comté de New York, vise la filiale américaine de l’entreprise. L’État demande au juge d’ordonner l’arrêt de ses activités, d’infliger des amendes, de confisquer les gains jugés illicites et d’obliger la société à rembourser ses utilisateurs.
Trois griefs reviennent. D’abord, Polymarket échapperait aux taxes que paient les casinos et les sites de paris agréés, des recettes qui financent notamment les écoles publiques et la prévention de l’addiction. Ensuite, la plateforme serait ouverte dès 18 ans, alors que la loi new-yorkaise fixe à 21 ans l’âge minimum pour parier en ligne sur le sport. Enfin, ses « contrats d’événement » répondraient trait pour trait à la définition légale du pari : miser quelque chose de valeur sur un événement futur qu’on ne contrôle pas. La gouverneure Kathy Hochul et la procureure générale Letitia James dénoncent un contournement délibéré de la loi.
Polymarket, qui revendique plus de 350 salariés à New York, parle d’une plainte « copiée-collée » de celle déjà visant son concurrent Kalshi et promet de se battre.
Un bras de fer avec Washington
Le dossier dépasse largement New York. L’administration Trump soutient ces plateformes : son régulateur des marchés dérivés, la CFTC, estime être seul compétent pour les encadrer et a même décrété en août une « urgence de marché » pour empêcher New York d’appliquer ses règles à Kalshi. Kentucky a lui aussi attaqué Polymarket, et les cours d’appel fédérales se contredisent : l’une a interdit au New Jersey de réguler ces paris, une autre a donné raison au Nevada. Le New Jersey demande désormais à la Cour suprême de trancher pour tout le pays.
Côté français, le sujet est déjà réglé : Polymarket a cessé de proposer ses services en France fin 2024 après l’intervention de l’Autorité nationale des jeux, et l’accès au site y est bloqué depuis juillet 2026. Aux États-Unis, en revanche, la bataille ne fait que commencer.
À lire aussi : Les paris sportifs sur les marchés de prédiction sont considérés comme des swaps exemptés des lois étatiques · Kalshi poursuit l’Illinois en justice concernant la nouvelle taxe sur les paris sportifs
Image : 1924848uejdjfik, Public domain, via Wikimedia Commons






