NASA semble vraiment demander beaucoup trop aux stations spatiales privées
La Station spatiale internationale vieillit et la NASA se prépare à la remplacer par des stations spatiales commerciales. Mais l’agence spatiale américaine fixe-t-elle des attentes trop élevées pour ces futures installations orbitales ?
La NASA a récemment publié un projet de document détaillant ses exigences pour les futures stations spatiales commerciales. Le document, qui fait l’objet d’une consultation publique jusqu’au 7 février, expose une longue liste de capacités que l’agence spatiale souhaite que ces stations fournissent.
Parmi les demandes figurent la capacité d’accueillir au moins quatre membres d’équipage de la NASA simultanément, de fournir 9 heures d’équipage par jour pour la recherche scientifique, et de maintenir une présence humaine continue en orbite terrestre basse. La NASA veut également que ces stations soient opérationnelles dès 2030, année où l’ISS devrait être mise hors service.
Le problème ? Aucune des entreprises actuellement en lice pour construire ces stations n’est proche d’avoir quelque chose de prêt. Axiom Space, Blue Origin et Northrop Grumman ont tous reçu un financement de la NASA pour développer des concepts de stations spatiales, mais aucun n’a encore lancé de matériel en orbite.
Axiom est le plus avancé dans ses plans, prévoyant d’attacher initialement ses modules à l’ISS existante avant de se séparer pour former une station indépendante. Mais même ce calendrier semble optimiste compte tenu des retards habituels dans les projets spatiaux.
La NASA essaie essentiellement de faire avec les stations spatiales ce qu’elle a fait avec le transport d’équipage : se retirer en tant qu’opérateur et devenir simplement un client parmi d’autres. Cela a fonctionné avec SpaceX et Boeing pour les vols vers l’ISS, mais les stations spatiales sont infiniment plus complexes que les capsules d’équipage.
Construire et exploiter une station spatiale nécessite des investissements massifs, une technologie de survie sophistiquée et un modèle économique viable. C’est ce dernier point qui pourrait s’avérer le plus difficile. L’ISS coûte environ 3 milliards de dollars par an à exploiter. Comment les entreprises privées vont-elles rentabiliser leurs stations sans le soutien financier continu du gouvernement ?
La NASA mise sur le fait que d’autres clients, des touristes spatiaux aux chercheurs privés, combleront le vide. Mais ce marché doit encore se matérialiser à l’échelle nécessaire pour soutenir plusieurs stations spatiales.
En fixant des exigences aussi ambitieuses avec un calendrier aussi serré, la NASA pourrait se préparer à une déception. L’alternative, prolonger la durée de vie de l’ISS au-delà de 2030, comporte ses propres risques car la station continue de vieillir et nécessite de plus en plus d’entretien.
L’industrie spatiale commerciale a accompli des choses remarquables ces dernières années, mais passer de zéro à des stations spatiales entièrement fonctionnelles en quelques années pourrait être un défi trop grand, même pour les entrepreneurs les plus ambitieux.






