À l’occasion des dix ans du Centre national de cybersécurité britannique (NCSC), le roi Charles III a adressé à l’agence une lettre publiée samedi, dans laquelle il met en garde contre la désinformation et les « activités hostiles en ligne » qui fragilisent la confiance et la sécurité à l’ère numérique.
Le souverain y évoque des acteurs malveillants qui « font évoluer leurs tactiques » grâce à des technologies automatisées. Selon lui, une cybersécurité solide est « fondamentale » pour rendre l’environnement en ligne plus sûr et plus résistant, que ce soit face aux menaces pesant sur l’ordre international ou pour arbitrer entre risques et opportunités des nouvelles technologies.
Un hommage à une agence de l’ombre
Créé en 2016 au sein du GCHQ, le service britannique de renseignement électronique, le NCSC a pour mission de protéger le Royaume-Uni contre les cyberattaques. Le roi salue son bilan : défense du pays, protection des institutions démocratiques et des infrastructures critiques dont dépend la vie quotidienne. Il se dit conscient que l’essentiel du travail de l’agence ne peut pas être célébré publiquement et exprime sa « profonde gratitude ».
Le moment n’est pas anodin. Cette semaine, le NCSC a proposé son aide à l’enseigne de mode en ligne Asos, après l’envoi par des pirates d’une notification via sa propre application à des millions de clients potentiels. L’entreprise enquête sur une « activité non autorisée » impliquant des plateformes tierces. D’après la BBC, des cybercriminels affirment détenir des profils détaillés de ses utilisateurs (noms, adresses, numéros de téléphone, e-mails, dates de naissance), ce qui irait au-delà des simples coordonnées initialement évoquées.
Un souverain attentif aux risques de l’IA
Ce message prolonge une prise de position récente. Le mois dernier, à Dumfries House, en Écosse, Charles III avait déjà averti des dirigeants de l’intelligence artificielle des « dangers existentiels » que représenterait une technologie tombant en de mauvaises mains. Il leur avait rappelé que leur tâche n’était pas seulement de faire avancer la technique, mais de la maintenir au service de l’humanité, des communautés et de la nature.
Pour les lecteurs français, le message dépasse le cadre britannique : les attaques automatisées, la désinformation et le piratage de services grand public touchent tous les pays, et les agences nationales de cybersécurité se retrouvent en première ligne.






