Mesurer sa VO₂ max comme on monte sur une balance : c’est la promesse de PNOĒ, une jeune entreprise installée à Malden, près de Boston, et à Athènes. Elle doit commercialiser le 1er octobre le PNOĒ 2.0, un masque qui analyse l’oxygène consommé et le dioxyde de carbone rejeté, et que l’utilisateur peut désormais employer seul, sans l’aide d’un opérateur formé.
On enfile le masque, on appuie sur un bouton, on s’assoit et on respire normalement pendant huit minutes. Selon son cofondateur et patron, Apostolos Atsalakis, cette autonomie permettrait d’installer l’appareil dans des salles de sport sans personnel dédié, voire, à terme, en pharmacie.
Une technique de laboratoire rendue portable
L’analyse des gaz respiratoires n’a rien de nouveau : elle existe depuis plus d’un siècle et reste la méthode de référence pour évaluer la capacité cardiorespiratoire. Mais elle exigeait jusqu’ici des équipements lourds et coûteux, réservés aux hôpitaux, aux laboratoires et aux sportifs de haut niveau. PNOĒ affirme offrir une précision comparable dans un boîtier compact, accompagné d’un logiciel qui transforme les mesures en conseils d’alimentation et d’entraînement.
L’entreprise revendique 23 indicateurs, dont le métabolisme de base (les calories brûlées au repos) et la flexibilité métabolique, c’est-à-dire la facilité avec laquelle l’organisme passe des graisses aux glucides comme carburant. Conçue avec l’agence milanaise Design Group Italia, la nouvelle version compte moins de pièces. Son électronique se détache du masque en silicone : chaque client garde le sien, tandis que le matériel coûteux est partagé.
Un outil de bien-être, pas un dispositif médical
PNOĒ se garde bien de promettre un diagnostic. L’appareil n’est pas autorisé par la FDA, l’agence sanitaire américaine, et son dirigeant le présente comme un produit de bien-être, comparable à une balance d’impédancemétrie. Détecter des maladies grâce au souffle reste une piste de recherche, que l’entreprise juge éloignée d’au moins deux ans.
Le modèle économique est exclusivement tourné vers les professionnels : salles de sport, hôtels, clubs sportifs ou centres médicaux paient un abonnement de 400 à plus de 1 000 dollars par mois, matériel, logiciel et formation compris. Parmi les clients cités figurent Equinox, Four Seasons, Red Bull et la NBA. Les États-Unis pèsent environ 85 % de l’activité, mais la société dit accélérer en Europe.
Fondée il y a dix ans à partir de travaux de thèse menés à l’université de Cambridge, passée par l’accélérateur Y Combinator, PNOĒ a levé environ 22 millions de dollars et emploie 110 personnes. Elle se dit désormais rentable et prépare une nouvelle levée de fonds dans les six à douze mois. Reste à convaincre face aux montres connectées d’Apple, Garmin ou Whoop, qui estiment déjà la VO₂ max à partir du rythme cardiaque.
Image : Spc. Nathan Thome, Public domain, via Wikimedia Commons






