Un juge suspend l’achat de Warner Bros. par Paramount pour 111 milliards de dollars, une victoire pour les États américains
Un juge fédéral a bloqué jeudi l’acquisition de Warner Bros. Discovery par Paramount Global pour 111 milliards de dollars, donnant raison aux procureurs généraux de plusieurs États qui ont soutenu que la fusion nuirait à la concurrence dans l’industrie du divertissement.
La juge de district américaine Analisa Torres, siégeant à Manhattan, a déclaré que les États avaient démontré que la fusion entraînerait probablement une hausse des prix pour les consommateurs et réduirait la qualité du contenu de divertissement. Elle a accordé une injonction préliminaire empêchant la finalisation de l’accord pendant la poursuite du litige.
L’accord, annoncé en décembre, aurait créé un géant du divertissement contrôlant certaines des franchises de divertissement les plus précieuses au monde, notamment Batman, Superman, Harry Potter, Game of Thrones et Star Trek.
Les procureurs généraux de 15 États et du District de Columbia ont intenté une action en justice pour bloquer l’accord, arguant qu’il réduirait la concurrence sur le marché du contenu de divertissement et du streaming, entraînant des prix plus élevés et moins de choix pour les consommateurs.
Paramount et Warner Bros. Discovery ont fait valoir que la fusion était nécessaire pour rivaliser avec des géants du streaming comme Netflix et Disney Plus, et qu’elle permettrait de réaliser des économies d’échelle bénéfiques aux consommateurs.
Cependant, la juge Torres a rejeté ces arguments, constatant que la fusion éliminerait la concurrence entre deux des plus grands studios de Hollywood et réduirait les incitations à investir dans un contenu de qualité.
La décision représente un revers majeur pour les deux entreprises, qui avaient présenté la fusion comme une réponse nécessaire à l’évolution du paysage médiatique et à la domination croissante des plateformes de streaming.
Les entreprises peuvent faire appel de la décision ou demander un procès pour contester les conclusions de la juge. Elles pourraient également tenter de restructurer l’accord pour répondre aux préoccupations réglementaires.
La décision intervient alors que les régulateurs du monde entier examinent de plus en plus attentivement les grandes fusions technologiques et de divertissement, préoccupés par la concentration du pouvoir de marché et l’impact sur les consommateurs.






