La NRC est (en quelque sorte) en train d’abandonner la norme « aussi faible que raisonnablement possible »
La Commission de réglementation nucléaire des États-Unis supprime progressivement sa norme d’exposition aux radiations « aussi faible que raisonnablement possible » (ALARA) pour les travailleurs du nucléaire, un changement que certains experts en santé publique considèrent comme ayant des implications importantes pour la sécurité des travailleurs et du public.
La norme ALARA, qui fait partie de la réglementation nucléaire depuis des décennies, exige que les titulaires de licence nucléaire maintiennent l’exposition aux radiations aussi faible que raisonnablement possible, même en dessous des limites légales. Le principe reconnaît qu’il n’existe pas de niveau d’exposition aux radiations totalement sûr.
Selon un projet de règle récemment publié, la NRC remplacerait ALARA par une nouvelle norme qui exigerait simplement que les titulaires de licence « mettent en œuvre des mesures de radioprotection » pour maintenir l’exposition en dessous des limites réglementaires. L’agence affirme que le changement « clarifie » ses attentes plutôt que de les affaiblir.
« La Commission estime que le langage proposé exprime plus clairement l’objectif de la Commission de maintenir les doses aussi faibles que possible tout en reconnaissant qu’il existe des situations où l’obtention de doses plus faibles peut ne pas être appropriée », indique le document.
Les critiques affirment que le changement de formulation modifie fondamentalement l’approche de la sécurité radiologique. Sous ALARA, les employeurs doivent continuellement œuvrer à réduire l’exposition même lorsqu’elle est dans les limites légales. Le nouveau langage, disent-ils, créerait essentiellement un plafond plutôt qu’un objectif de réduction continue.
« C’est un changement philosophique profond », a déclaré David Lochbaum, ancien directeur du projet de sécurité nucléaire de l’Union of Concerned Scientists. « Cela passe de ‘réduire l’exposition autant que possible’ à ‘respecter simplement les limites’. »
L’industrie nucléaire soutient largement le changement proposé, arguant que le langage ALARA a conduit à une confusion et à une application incohérente. Certains titulaires de licence ont fait valoir que la norme crée des fardeaux administratifs inutiles sans bénéfices de sécurité correspondants.
Le public a jusqu’à fin mars pour commenter la règle proposée avant que la NRC ne prenne une décision finale.






