Accueil / Santé / Grippe aviaire : des faux patients piègent 73 établissements de santé new-yorkais

Grippe aviaire : des faux patients piègent 73 établissements de santé new-yorkais

Grippe aviaire : des faux patients piègent 73 établissements de santé new-yorkais

Que se passe-t-il quand un patient potentiellement porteur d’un virus à risque pandémique franchit la porte des urgences ? Les autorités sanitaires de l’État de New York ont voulu le savoir sans prévenir personne. Résultat : quatre établissements sur dix ont échoué à l’exercice le plus élémentaire, à savoir masquer le patient et l’isoler.

Un canard mort comme indice

Entre janvier et juin 2026, des comédiens professionnels se sont présentés dans 73 structures de soins : 52 à New York, 15 ailleurs dans l’État, trois dans le New Jersey et trois aux îles Vierges américaines, rattachées à la même région sanitaire. Il s’agissait surtout de services d’urgences (42), mais aussi de consultations hospitalières (19) et de centres de soins non programmés (12). Les établissements avaient accepté le principe, sans connaître la date.

Maquillés pour paraître malades, les acteurs simulaient les signes attendus d’une infection par un virus de grippe aviaire de type H5 : fièvre, faiblesse, toux, et une conjonctivite imitée à l’aide de collyre et de vaseline. Sans même qu’on le leur demande, ils racontaient avoir tenté de sauver un canard malade trouvé dans un parc, manipulé à mains nues, avant qu’il ne meure.

Pour réussir, il suffisait de fournir un masque puis de placer la personne en chambre d’isolement. L’idéal visé était d’une minute pour le masque et de dix minutes pour l’isolement, mais le chronomètre ne comptait pas dans la note.

Des réflexes encore trop lents

Seuls 44 établissements sur 73 ont réalisé les deux gestes. Les urgences s’en sont le moins bien sorties, avec environ 55 % de réussite, contre deux tiers environ pour les consultations et les centres de soins non programmés. Près d’une structure sur cinq n’a même pas proposé de masque au patient qui toussait. Le délai médian a atteint deux minutes pour le masque et onze minutes pour l’isolement, et une consultation a mis près d’une heure à isoler son faux malade.

Si 93 % des équipes ont interrogé le patient sur ses symptômes, sept seulement ont posé des questions sur une exposition à la grippe aviaire, malgré l’histoire du canard. Côté soignants, un quart seulement portait l’ensemble des protections recommandées (gants, masque, blouse, lunettes) et 6 % n’en portaient aucune.

Les auteurs de l’étude, publiée dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire des CDC américains, réclament davantage de formation. Ils préviennent aussi que le tableau est sans doute trop flatteur : les établissements qui ont refusé de participer auraient pu faire pire, et certains participants ont peut-être été avertis. Une leçon qui dépasse les frontières américaines : c’est dès la salle d’attente que se joue la maîtrise d’une épidémie.

Image : Hehkuviini, Public domain, via Wikimedia Commons

Répondre