Elle tient dans la paume de la main, ne contient pas le moindre composant électronique et a été entièrement imprimée en 3D. Un vidéaste de YouTube, qui publie sous le nom de 3D all Workshop, a présenté une calculatrice mécanique fonctionnelle fabriquée uniquement en filament plastique, au terme de deux mois de travail et d’environ 100 versions successives.
Le projet s’inspire directement de la Curta, ce petit cylindre à manivelle surnommé « moulin à poivre », fabriqué au Liechtenstein à partir de la fin des années 1940 et devenu un objet de collection très recherché. Comme son modèle, la version imprimée repose sur le tambour à cannelures inventé par Gottfried Wilhelm Leibniz au XVIIe siècle : chaque tambour porte neuf dents de longueurs différentes, et un curseur détermine combien d’entre elles entraînent l’engrenage, de une à neuf, la position zéro n’en sollicitant aucune.
Additionner et multiplier, mais pas soustraire
L’appareil compte trois tambours, un par chiffre, ce qui permet de saisir des nombres de 1 à 999 à l’aide de petits leviers. Il sait additionner et, grâce à une roue supplémentaire, multiplier en répétant la même addition, exactement comme le fait la Curta. En revanche, ni soustraction ni division : faute de place dans un boîtier aussi compact, son créateur a dû renoncer à ces mécanismes. Une précédente reproduction imprimée de la Curta avait d’ailleurs dû être agrandie trois fois pour conserver toutes ses fonctions.
Le plastique face à la précision mécanique
Là où l’original est usiné dans l’aluminium, le plastique pardonne peu. Selon le vidéaste, la moindre irrégularité d’impression suffisait à bloquer les engrenages, tandis que le jeu entre les pièces désynchronisait les tambours. Des éléments cassaient au fil des modifications et de simples vibrations, lorsqu’on prenait l’objet en main, perturbaient le mécanisme. Des ressorts imprimés sur mesure et un système à cliquet ont fini par stabiliser l’ensemble.
Le résultat final compte 109 pièces, a demandé 17 heures d’impression et environ 90 grammes de filament. De quoi rappeler que l’impression 3D grand public permet désormais de reproduire des mécanismes de précision, à condition d’y consacrer beaucoup de patience.
Les amateurs devront toutefois attendre : malgré de nombreuses demandes de ses abonnés, l’auteur n’a pour l’instant ni publié les fichiers de son modèle ni proposé de le vendre.






