Elon Musk a fait du robot humanoïde Optimus l’avenir de Tesla, allant jusqu’à le présenter, lors de la publication des résultats du deuxième trimestre 2026, comme potentiellement « le plus grand produit de tous les temps ». Sur le terrain, la montée en cadence s’avère pourtant laborieuse, et une partie des salariés appelés à nourrir l’apprentissage des machines traîne des pieds. C’est ce que révèle une enquête du média américain The Information.
Le basculement est déjà concret : depuis mai 2026, l’usine de Fremont, en Californie, ne fabrique plus les Model S et Model X. Ouvriers et ingénieurs y ont été réaffectés au programme Optimus. Selon The Information, Tesla sort aujourd’hui quelques centaines de robots par semaine et vise plus de 1 000 unités hebdomadaires d’ici à la fin de l’année.
Des mains trop complexes à produire
La troisième génération du robot, Optimus V3, pose de sérieux problèmes industriels. Les équipements de la ligne peinent à aligner les pièces avec la précision voulue, et la chaîne ne peut pas tourner trop vite. Le point le plus délicat reste la main : avec l’avant-bras, elle compte plus d’une centaine de petits composants, vis comprises, qui doivent être assemblés à la main. Résultat, des robots tout juste sortis d’usine nécessitent des retouches immédiates. Les capteurs tactiles des doigts se sont aussi montrés si peu fiables que Tesla a conçu une sorte de gant de capteurs remplaçable, pour éviter de changer toute la main.
Côté logiciel, le compte n’y est pas non plus. D’après une source citée par The Information, les Optimus doivent encore être programmés pour des tâches précises, dans des environnements soigneusement maîtrisés, loin du robot polyvalent promis.
Des combinaisons de capture qui passent mal
Pour apprendre des gestes variés, les robots s’appuient sur l’imitation. Tesla a donc fait porter à des ouvriers de ses usines du Texas et de Californie des combinaisons qui enregistrent leurs mouvements pendant le travail. Certains s’en sont plaints, sachant que ces machines étaient conçues pour finir par les remplacer. L’entreprise aurait depuis confié cette collecte à des équipes dédiées, regroupées dans des « centres de formation ».
Tesla dépend en outre toujours de fournisseurs chinois pour plusieurs composants, alors même que Washington pousse à relocaliser la filière et qu’en juillet, le régulateur américain des télécoms a interdit les nouveaux robots fabriqués à l’étranger. La concurrence, elle, ne faiblit pas : Hyundai prévoit de déployer jusqu’à 25 000 humanoïdes Atlas de sa filiale Boston Dynamics dans les prochaines années, et Toyota compte investir des milliards de dollars dans la robotisation de ses usines. Reste à démontrer que ces robots peuvent être rentables et travailler en toute sécurité aux côtés des humains.
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