La plateforme d’échange de cryptomonnaies Bitget a été victime jeudi 24 septembre d’une cyberattaque qui lui a coûté plus de 351 millions de dollars. Les fonds ont été siphonnés depuis ses « hot wallets », ces portefeuilles connectés en permanence à Internet qui servent aux opérations de trading courantes, contrairement aux portefeuilles hors ligne où les plateformes stockent l’essentiel de leurs réserves.
Il s’agit du plus gros vol de cryptomonnaies connu depuis le début de l’année 2026. Il dépasse un piratage de 340 millions de dollars survenu plus tôt en septembre, dont l’auteur avait fini par restituer la quasi-totalité du butin, à l’exception de 47 millions.
Des méthodes qui rappellent Pyongyang
Dans une série de messages publiés sur X, Bitget a confirmé des transferts non autorisés et suspendu tous les retraits de cryptomonnaies sur son réseau, sans préciser quand ils reprendraient. Sa directrice générale, Gracy Chen, estime que l’opération est « très cohérente avec les schémas connus des organisations de hackers nord-coréens ».
L’hypothèse n’a rien de surprenant. Selon la société d’analyse de la blockchain TRM Labs, la Corée du Nord serait à l’origine d’environ trois quarts des vols de cryptomonnaies recensés en 2026. Ces groupes sont soupçonnés de financer ainsi le programme nucléaire du régime, et de s’attaquer notamment à des logiciels libres pour compromettre un grand nombre de victimes d’un seul coup. En février 2025, le FBI avait déjà attribué à la Corée du Nord le vol record de 1,5 milliard de dollars subi par la plateforme Bybit.
Les clients a priori protégés
Pour les utilisateurs, le principal enjeu est de savoir s’ils reverront leurs fonds. Bitget affirme disposer d’un fonds de protection de 464 millions de dollars, censé couvrir l’intégralité des pertes. Reste que le gel des retraits prive pour l’instant les clients de l’accès à leurs actifs.
Cet épisode rappelle une règle souvent répétée dans le secteur : laisser ses cryptomonnaies sur une plateforme d’échange revient à confier ses clés à un tiers, dont la sécurité devient une cible de choix pour des attaquants très organisés.
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