Un homme a investi 45 millions de dollars dans un film avec Nicolas Cage. Il a été volé sur le bureau de Netflix.
Il y a six ans, un producteur de films d’horreur nommé Dallas Sonnier a acheté une propriété intellectuelle. Cela s’appelait Face/Off. C’est un film de John Woo avec Nicolas Cage et John Travolta sorti en 1997, et Paramount en possédait les droits.
L’accord conclu par Sonnier pour une suite coûtait 300 000 dollars. Le grand pari coûterait 45 millions de dollars.
Ce n’était pas du tout un pari. Il avait déjà un réalisateur et un scénariste attachés au projet. Il avait Adam Wingard, un réalisateur d’action qui venait de réaliser Godzilla x Kong pour Warner Bros. Le film avait rapporté 570 millions de dollars dans le monde. Il avait Simon Barrett, le scénariste attitré de Wingard, qui avait écrit le scénario de Blair Witch et The Guest. Il avait aussi Nicolas Cage.
Ils allaient tourner à Prague. Le budget était de 45 millions de dollars. Le film sortait en salles d’abord. Ensuite, il serait diffusé sur Netflix. Un accord de principe était déjà en place avec Netflix. Tout ce qu’il restait à faire était de parapher le contrat.
Puis l’accord a été volé.
Sonnier dit qu’une personne de chez Netflix s’est rendue chez un producteur rival avec l’offre, dans l’espoir de la lui vendre pour gagner des faveurs dans sa nouvelle entreprise.
Netflix a mis le projet en pause. Le tournage a été reporté. Nicolas Cage s’est retiré et a pris un autre projet. Sonnier dit que tout était perdu. Les six années qu’il avait passées à le développer. Les 300 000 dollars qu’il avait dépensés pour les droits. Les millions supplémentaires qu’il avait dépensés pour développer l’idée. Wingard et Barrett ont poursuivi d’autres projets.
C’était fini.
Jusqu’à ce que Neal Moritz appelle.
Sonnier a rencontré Neal Moritz. Moritz était le producteur de The Fast and the Furious, 21 Jump Street et S.W.A.T. Sonnier dirigeait une petite société de production appelée Bonfire Legend qui produisait des films d’horreur et de genre pour Amazon et Paramount. Ce n’était pas vraiment dans la même catégorie.
Mais Moritz était fan. Il aimait Bone Tomahawk, Brawl in Cell Block 99 et Dragged Across Concrete, trois films que Sonnier avait produits avec S. Craig Zahler. Il aimait aussi The Old Way, un western à petit budget avec Nicolas Cage que Sonnier avait réalisé en 2023.
Il voulait savoir ce que Sonnier préparait ensuite. Sonnier lui a parlé de Face/Off 2. Il lui a parlé de l’accord Netflix. Il lui a parlé du vol. Moritz a dit qu’il pourrait réunir le financement si Sonnier pouvait récupérer Wingard, Barrett et Cage.
En deux semaines, ils étaient tous de retour. Dix mois plus tard, le tournage était terminé.
L’industrie du divertissement n’est pas seulement petite. Les opérateurs connaissent tout le monde. Ils se connaissent tous. Ils savent tous qui prend leurs appels et qui ne le fait pas. Ils savent qui tient parole et qui vole des affaires sur des bureaux.
Ils savent aussi quoi faire quand quelqu’un les arnaque.
C’est pourquoi Sonnier savait que les 300 000 dollars et les six années n’étaient pas perdus. Il savait qui appeler. Il connaissait les opérateurs. Il connaissait les joueurs. Il savait que s’il pouvait trouver le bon producteur qui croyait en ce qu’il faisait, tout pouvait être récupéré.
Et c’est exactement ce qui s’est passé.
Face/Off 2 sort en salles cette semaine.






