Microsoft étend son antivirus d’entreprise à un territoire longtemps resté à l’écart : les ordinateurs de bureau sous Linux. L’éditeur lance en préversion publique Defender pour stations de travail Linux, une déclinaison de Defender for Endpoint, sa solution de sécurité des postes professionnels.
Ce que propose l’outil
Selon Microsoft, le produit apporte aux postes Linux une « protection de niveau entreprise » : détection des menaces, gestion des vulnérabilités et capacités de réponse aux incidents. Il comprend l’antivirus de Defender, des outils d’inventaire et de configuration de la sécurité, ainsi que la possibilité d’isoler un appareil compromis du réseau.
Aucun agent spécifique aux ordinateurs de bureau n’est à déployer : Defender fonctionne comme sur les serveurs Linux, ce qui devrait simplifier la tâche des administrateurs. Le service exige toutefois une licence Defender for Endpoint Plan 2 autonome, ou une formule Microsoft 365 E5 ou E7. La prise en charge dépend de la distribution et de la version du noyau ; Red Hat Enterprise Linux, CentOS, Ubuntu LTS, SUSE Linux Enterprise Server et Oracle Linux figurent notamment parmi les systèmes compatibles.
Pourquoi maintenant
Microsoft justifie ce lancement par la demande de ses clients et par la progression de Linux au-delà des centres de données. Plus les développeurs l’utilisent au quotidien, plus ces machines deviennent une cible attrayante pour les attaquants, et plus les équipes de sécurité veulent une approche unique pour surveiller l’ensemble de leur parc.
La nouveauté n’est pas totale : Microsoft proposait déjà une version de Defender pour Linux en 2020, mais surtout orientée vers les serveurs. Le fait que l’offre pour postes de travail arrive seulement maintenant peut surprendre.
Le Linux de bureau est-il vraiment marginal dans le monde professionnel ? Pas tant que cela : dans l’enquête 2025 de Stack Overflow, Windows arrivait en tête pour le travail professionnel avec 49,5 %, mais Ubuntu suivait de près avec 27,7 %.
Reste la question de l’acceptation. Dans certaines communautés Linux, l’idée de voir un outil de conformité signé Microsoft inspecter les postes ne fait pas l’unanimité. Pour les entreprises qui équipent déjà leurs développeurs de machines Linux, l’enjeu sera de concilier visibilité pour les équipes de sécurité et confort de travail des utilisateurs.
Image : Adrian Maulana Ramdan, Public domain, via Wikimedia Commons






