Tesla rebaptise en Europe son système d’aide à la conduite avancée. Le nom « Full Self-Driving (Supervised) » laisse la place à « Tesla Assisted Driving », une appellation plus sobre, adoptée après des critiques venues d’Allemagne.
Le ministre allemand des Transports, Steffen Bilger, avait jugé début octobre que le terme « Full Self-Driving », soit « conduite entièrement autonome », était trompeur, puisque le logiciel n’assure pas l’ensemble de la tâche de conduite. Après un échange le mois dernier avec le ministère, c’est Tesla elle-même qui a proposé ce changement de nom, selon un communiqué officiel. Le ministre dit désormais vouloir plaider pour une approbation du système dans toute l’Europe, avant un vote à l’échelle de l’Union européenne qui pourrait avoir lieu d’ici la fin de l’année.
Un enjeu commercial pour Tesla
Elon Musk réclame depuis des années une autorisation européenne. En juin 2025, il appelait ses abonnés à faire pression sur leurs gouvernements, et en mars dernier il dénonçait une « charge réglementaire extrême » qui, selon lui, étouffe l’innovation. Quelques semaines plus tard, les Pays-Bas sont devenus le premier pays européen à approuver la version supervisée du système. Un feu vert à l’échelle du continent ouvrirait à Tesla une source de revenus potentiellement considérable.
Le dossier reste toutefois sensible. D’après Reuters, la campagne de Tesla pour obtenir cette autorisation reposerait sur des recherches de sécurité « défaillantes » et des études « erronées », et le régulateur néerlandais, le RDW, aurait subi de fortes pressions de l’entreprise et de ses soutiens en ligne.
Une technologie qui progresse, mais reste une aide
Le système a beaucoup évolué : simple combinaison de maintien dans la voie et de régulateur de vitesse adaptatif à l’origine, il sait aujourd’hui entrer et sortir d’une place de stationnement, et circuler en ville comme sur autoroute. Certains propriétaires affirment l’utiliser pour la quasi-totalité de leurs trajets. Mais il fait aussi l’objet d’enquêtes fédérales et de plaintes au civil aux États-Unis après des accidents où il aurait été activé. Son prédécesseur, Autopilot, a été abandonné cette année, après qu’un juge a estimé que Tesla avait trompé les consommateurs sur ses capacités.
Pour les conducteurs européens, le message est clair : quel que soit son nom, le système exige que l’humain garde les yeux sur la route et reprenne la main si nécessaire.






