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Bulle de l’IA : le gouverneur de la Banque d’Angleterre redoute des secousses boursières

Bulle de l'IA : le gouverneur de la Banque d'Angleterre redoute des secousses boursières

L’euphorie autour de l’intelligence artificielle pourrait se payer cher sur les marchés. Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d’Angleterre, a prévenu jeudi 1er octobre que les sommes colossales investies dans le secteur exposent l’économie britannique à de possibles chocs financiers, et que l’institution s’y prépare.

Interrogé sur le risque d’un éclatement de bulle, le banquier central est resté prudent mais sans détour : une « correction » du prix des actifs reste envisageable à un moment ou à un autre. Selon lui, la banque surveille « très attentivement » ces flux d’argent, tout en reconnaissant que l’IA a un réel potentiel pour doper la croissance.

Des valorisations qui supposent que tout le monde gagne

Les chiffres donnent le vertige. Nvidia, le fabricant de puces devenu incontournable pour l’IA, est aujourd’hui l’entreprise cotée la plus chère du monde, avec une capitalisation d’environ 5 500 milliards de dollars. Alphabet, Meta, Microsoft et Amazon engloutissent des centaines de milliards dans leurs infrastructures, et Anthropic comme OpenAI préparent leur entrée en Bourse aux États-Unis, ce qui devrait attirer encore davantage de capitaux.

Le problème, d’après Andrew Bailey, c’est que les cours actuels reflètent l’idée que chaque acteur sortira vainqueur. Or l’histoire de la tech montre l’inverse : il rappelle que le leader initial de la recherche sur Internet n’était pas Google mais Netscape, une marque aujourd’hui disparue. Autrement dit, une partie des paris d’aujourd’hui finira forcément perdante, et l’enjeu pour les régulateurs est que le système financier encaisse le choc.

Cyberattaques et deepfakes dans le viseur

Le gouverneur s’inquiète aussi des usages malveillants. L’IA permet de débusquer bien plus efficacement des failles enfouies dans des logiciels utilisés partout, ce qui en fait, entre de mauvaises mains, une arme potentiellement redoutable. Il a lui-même été la cible de deepfakes : en juin, de fausses images le montrant en train de se battre avec le dirigeant politique Nigel Farage ont circulé sur X, sans que la banque parvienne à en retrouver l’origine. Il réclame l’aide du secteur technologique pour mieux tracer ces contenus.

Il voit en revanche un bénéfice concret : l’IA accélère le travail préparatoire du comité qui fixe les taux d’intérêt britanniques, sans pour autant prendre de décision à sa place.

Cet avertissement tombe dans un climat tendu sur les marchés obligataires. Les coûts d’emprunt des États, du Royaume-Uni aux États-Unis en passant par la France et le Japon, atteignent des sommets inédits depuis des décennies : le rendement des obligations britanniques à 30 ans a dépassé 6 %, du jamais vu depuis 1998, et celui du 10 ans américain a grimpé à 5,34 %, un record depuis 2002. Une pression supplémentaire alors que les investisseurs continuent de se ruer sur l’IA.

Image : U.S. Department of the Treasury, Public domain, via Wikimedia Commons

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