Tesla a livré 486 532 véhicules électriques entre juillet et septembre 2026, un chiffre annoncé vendredi 2 octobre qui dépasse les prévisions des analystes de Wall Street, y compris les plus optimistes. Le constructeur a assemblé 464 391 voitures sur la même période. C’est le deuxième trimestre solide d’affilée pour la marque, après un début d’année difficile, avec environ 6 000 livraisons de plus qu’au deuxième trimestre.
La performance reste toutefois en retrait sur un an : au troisième trimestre 2025, le meilleur de son histoire, Tesla avait écoulé environ 497 000 véhicules. Ce record avait été dopé par les acheteurs américains pressés de profiter d’un crédit d’impôt fédéral sur le point d’expirer.
L’Europe et la Chine compensent les États-Unis
Sur son marché domestique, la situation est nettement moins favorable. Selon le cabinet Cox Automotive, les ventes de Tesla aux États-Unis reculaient de près de 20 % sur un an avant la publication de ces chiffres. Plusieurs facteurs pèsent : une gamme qui n’a pas été renouvelée depuis des années, à l’exception d’un Cybertruck boudé par les clients, et l’image d’Elon Musk, abîmée auprès d’une partie des acheteurs par son soutien à la campagne de Donald Trump puis par son rôle à la tête du DOGE, la commission chargée de tailler dans les dépenses fédérales.
Pour compenser, le groupe mise sur l’international. Ses ventes repartent à la hausse en Europe, où l’électrique est plus répandu et soutenu par des normes d’émissions plus strictes ; Tesla augmenterait d’ailleurs, selon la presse, les capacités de son usine allemande. L’usine chinoise continue aussi de tourner à plein, portée notamment par des marchés plus récents comme le Japon, l’Australie ou la Lituanie.
Musk regarde déjà ailleurs
Ce rebond commercial intéresse pourtant de moins en moins son patron, tourné vers d’autres chantiers. Le Cybercab, un biplace sans volant ni pédales, transporte depuis quelques semaines des passagers sans conducteur dans les rues d’Austin, au Texas. Le camion électrique Semi est entré en production, près de dix ans après sa présentation, avec un objectif d’environ 50 000 unités par an.
D’autres projets n’ont pas encore de calendrier commercial ferme : la nouvelle Roadster doit être présentée une nouvelle fois le 15 octobre, et le robot humanoïde Optimus accumule les reports. Pour financer ces paris, Tesla a annoncé cette semaine avoir obtenu jusqu’à 30 milliards de dollars de nouvelles lignes de crédit. Reste à savoir si les voitures d’aujourd’hui continueront de payer pour les promesses de demain.






