Les étranges animaux qui contrôlent leur température corporelle
Pendant longtemps, les scientifiques ont pensé que les animaux se divisaient en deux catégories bien définies : ceux qui maintiennent une température corporelle constante, appelés homéothermes, et ceux dont la température corporelle fluctue avec leur environnement, appelés poïkilothermes. Les premiers étaient généralement des mammifères et des oiseaux, tandis que les seconds comprenaient les reptiles, les amphibiens et les poissons.
Mais cette distinction nette s’est avérée trop simpliste. Il existe de nombreux animaux qui ne rentrent pas parfaitement dans ces catégories. Certains animaux à sang froid peuvent générer de la chaleur par leurs muscles, tandis que certains animaux à sang chaud laissent leur température corporelle chuter de façon spectaculaire.
Prenez les pythons, par exemple. Ces serpents peuvent élever leur température corporelle en contractant rapidement leurs muscles, un processus appelé thermogenèse par frissonnement. Les pythons femelles qui couvent font cela pour garder leurs œufs au chaud. Elles peuvent augmenter leur température corporelle de plusieurs degrés au-dessus de la température ambiante pendant des semaines.
Les thons et certains requins peuvent également générer de la chaleur. Ils ont développé un système appelé échange à contre-courant, où les vaisseaux sanguins sont disposés de manière à ce que le sang chaud quittant les muscles qui travaillent réchauffe le sang froid entrant. Cela leur permet de maintenir leurs muscles, leurs yeux et leur cerveau plus chauds que l’eau environnante, ce qui leur donne un avantage lorsqu’ils chassent des proies.
D’un autre côté, certains mammifères et oiseaux laissent délibérément leur température corporelle chuter. Les colibris, par exemple, entrent dans un état appelé torpeur pendant la nuit. Leur température corporelle peut chuter de 37 degrés Celsius à seulement 18 degrés, ce qui leur permet d’économiser de l’énergie pendant qu’ils ne se nourrissent pas.
Les ours hibernants vont encore plus loin. Pendant l’hibernation, leur température corporelle peut chuter de 37 degrés à environ 30 degrés, et ils peuvent rester dans cet état pendant des mois. Ce qui est remarquable, c’est qu’ils peuvent le faire tout en maintenant leurs fonctions corporelles essentielles et même en donnant naissance à des petits.
Peut-être l’exemple le plus extrême est celui du spermophile arctique. Pendant l’hibernation, sa température corporelle peut chuter en dessous de zéro – jusqu’à moins 2,9 degrés Celsius – sans que son sang ne gèle. Les scientifiques pensent que cela est possible grâce à un processus appelé surfusion, où les liquides restent liquides en dessous de leur point de congélation normal.
Ces exemples montrent que la régulation de la température corporelle dans le règne animal est beaucoup plus complexe et fascinante que ne le suggéraient les catégories simples à sang chaud et à sang froid. Les animaux ont développé une incroyable variété de stratégies pour gérer leur température corporelle, chacune adaptée à leur mode de vie et à leur environnement particuliers.






